Remise réussie du premier Prix luxembourgeois de la critique architecturale – Des perspectives internationales marquent le débat

mardi 5 mai 2026

 

Le premier Prix luxembourgeois de la critique architecturale a été remis lors d'une cérémonie qui s'est tenue le 29 avril 2026 dans le cadre du salon Architect@Work, à Luxexpo The Box, à Luxembourg-Kirchberg. Organisé par l’OAI en collaboration avec DOM publishers (Berlin), l’événement a réuni des voix internationales de la critique architecturale.

C’est Tom Ravenscroft (Londres), rédacteur en chef de Deezen, magazine d'architecture, de décoration d'intérieur et de design, qui a été désigné lauréat de cette première édition. Le journaliste et historien de l’architecture a recueilli le plus grand nombre de votes des lecteurs grâce à ses deux articles – consacrés au Floater de Dudelange et au Water Tower d’Altrier. C’est notamment son texte sur le Water Tower, conçu par le cabinet d’architecture BFF en collaboration avec DAEDALUS ENGINEERING pour le compte de la commune de Bech, qui a convaincu le public.

LES TEXTES LES MIEUX CLASSÉS
1. Water Tower Altrier, Tom Ravenscroft
2. Quartier sans voiture, David Kasparek
3. Möllerei, Inês Moreira
4. Floater Dudelange, Tom Ravenscroft
5. Nonnewisen Lot 7SA, Werner Huber

LES CRITIQUES LES MIEUX CLASSÉS
1. Tom Ravenscroft
2. David Kasparek
3. Inês Moreira


Le prix s’inscrit dans le cadre de la publication Architecture deLUX, dans laquelle dix critiques européens analysent vingt projets exceptionnels au Luxembourg. Une particularité de ce prix réside dans le fait que le lauréat est élu par les lecteurs.

La cérémonie comprenait une introduction par le directeur de l’OAI Pierre Hurt, une laudatio par Philipp Meuser (DOM publishers) ainsi que la remise officielle du prix par la Présidente de l’OAI Michelle Friederici et le Vice-Président de l’OAI Patrick Nosbusch. La réalisation dont traite le texte lauréat a également été présentée.

2 membres du Gouvernement ont adressé des messages vidéos, signe de l’importance de cette initiative :

  • Elisabeth Margue, Ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée des Médias et de la Connectivité, a souligné l’importance de la culture du bâti, alors que l’architecture va plus loin que juste la construction de bâtiments, en reflétant nos valeurs communes et la façon dont nous souhaitons vivre ensemble.
  • Eric Thill, Ministre de la Culture, a mis en avant le lien entre l’architecture, l’identité culturelle et l’espace public.

Tom Ravenscroft a souligné lors de la cérémonie de remise des prix : « C'est un grand honneur d'être récompensé pour mes écrits, d'autant plus que la critique architecturale joue un rôle déterminant dans la manière dont nous percevons et comprenons les bâtiments. Ce prix montre à quel point il est important non seulement de construire, mais aussi de réfléchir à l'architecture et de la faire connaître. »

Le point de vue des lecteurs a également été mis en avant. Christian Hofmeier, gagnant du tirage au sort parmi les participants au vote des lecteurs, a déclaré : « Ce concours m’a surtout convaincu par l’accent inhabituel qu’il met sur l’écriture consacrée à l’architecture. Je me suis alors rendu compte à quel point j’avais jusqu’à présent négligé cet aspect – et à quel point il peut influencer la perception des projets. »

Dans sa laudatio, Philipp Meuser a souligné le rôle de la critique en tant que discipline à part entière au sein de l’architecture :
« La critique architecturale crée à la fois de la distance et du contexte – elle permet non seulement d’évaluer des projets, mais aussi de les replacer dans des contextes culturels, sociaux et urbains plus larges. »

Lors d’une table ronde publique intitulée « Regard extérieur sur l’architecture luxembourgeoise », laquelle ont participé Tom Ravenscroft, Philipp Meuser, Michelle Friederici, Patrick Nosbusch, ainsi que Mike Koedinger, éditeur de Paperjam, l’accent a été mis sur l’importance des perspectives externes pour le développement de la culture architecturale au Luxembourg.

Les participants ont notamment souligné que le Luxembourg, en raison de sa taille et de son dynamisme, constitue un « laboratoire condensé » pour l’architecture contemporaine. Ce regard extérieur permet de mieux identifier les schémas récurrents, les qualités, mais aussi les défis.

Au cours de la discussion, il a notamment été souligné :
« L'architecture a besoin du grand public – et le grand public a besoin d'un langage compréhensible et accessible. Une bonne critique architecturale contribue de manière essentielle à établir ce lien et à permettre un débat plus large. »

La question de l’identité et du contexte a été au cœur de la discussion :
« Le Luxembourg oscille entre internationalité et ancrage local – c’est précisément là que réside l’opportunité de développer une approche architecturale propre. »

Le rôle de l’architecture dans le discours social a également été mis en avant :
« Une bonne architecture ne naît pas de manière isolée – elle s’inscrit toujours dans un dialogue plus large entre la politique, l’urbanisme, l’économie et la société. »

L’importance de la critique en tant qu’instance de médiation a également été soulignée :
« La critique peut jeter des ponts – entre les experts et le grand public, entre la conception et l’utilisation. »

Pierre Hurt, directeur de l’OAI, a souligné lors de l’événement :
« La critique architecturale est un élément essentiel de la culture du bâti. Elle offre des repères, favorise le débat et contribue à la qualité de notre environnement bâti. »

Les principaux messages et interventions des participants sont documentés dans cette vidéo.

Ce prix récompense à la fois la qualité du texte primé et l’importance d’une critique architecturale indépendante pour la culture du bâti.

 

QUI CONSTRUIT, CONSTRUIT POUR NOUS TOUS ! D’OÙ L’IMPORTANCE QUE LE MAÎTRE D’OUVRAGE PARTAGE SA RESPONSABILITÉ SOCIÉTALE AVEC DES CONCEPTEURS INDÉPENDANTS.

La qualité de vie ne se décrète pas, mais elle se fonde sur des valeurs communes vécues. L’acte de bâtir en lui-même est la plus forte concrétisation de ces valeurs. Redonnons aux maîtres d’ouvrage avec leurs concepteurs la liberté et l’envie pour créer notre monde.
Voilà pourquoi, nous avons besoin d’une planification bien détaillée, fondée sur le long-terme, par des femmes et hommes de l’art indépendants, en dialogue avec les maîtres d’ouvrage, les utilisateurs les administrations et les citoyens.

Mais aussi la nécessité de promouvoir et d’accepter la critique architecture libre, qui est l’expression de la culture du bâti, et qui favorise une véritable participation citoyenne pour établir nos valeurs communes.

Débattre et prendre position face à l’architecture, l’ingénierie et l’urbanisme est essentiel pour nourrir le processus de conception de nouveaux projets.

Pour être efficiente, la critique architecturale doit se passer en deux temps, à savoir lors de l’inauguration de l’ouvrage et après deux ans de son utilisation.

Pierre HURT
Directeur OAI

 

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